C'est à 12 personnes que nous nous sommes retrouvés mercredi 5 août 2020 au Boisset. C'est à dire trois descendants directs : Jean-Pierre, Henri, Marthe, mais aussi des petits enfants : Bertrand avec Katell, Guillaume, Julien, Florent, Basile, Mélaine et Clément, Adrien.
Quatre voitures amènent tout ce monde au Boisset: deux voitures de Valbonne, une voiture de Grenoble et une voiture d'Annecy (St Jorioz).
Jean-Pierre, Henri et Marthe seront les premiers arrivés. Bien sûr le pastis est de rigueur en attendant les autres (pastis avec de l'eau fraîche de la source !).
Dîner de pâtes et sauce tomate, bien arrosées avec un rouge inconnu approvisionné par Mélaine, en fait un beaujolais top level vendu au black (si j'ai bien compris ?), du rosé de Tavel apporté par Bertrand, du fromage Comté, reblochon, etc. apportés par Mélaine, du raisin de la Récampade plus une tarte apportée par Bertrand. Sans compter un peu de génépi pour finir tout cela. Donc ça commence parfaitement bien !

Première étape : un cheminement de crête
Le réveil d'Henri sonne à 5h20. C'est rare au Boisset où tellement de belles balades sont immédiatement accessibles et ne nécessitent pas un lever si matinal! Cela augure une journée difficile... elle le sera !
On part du chalet (1700) pour rejoindre le vallon de l'Oronaye par le pont Rouge et le remonter jusqu'au col de l'Oronaye. Il fait froid, 5° au Boisset, ce qui est bien pour remonter l'Oronaye, mais cela ne va pas durer.
Le vallon de l'Oronaye débouche sur une sorte d'oasis de gros rochers avec au fond le sinistre Moïse, gros tas de cailloux qui culmine quand même à 3104m. Les enfants d'Hélène se sont régalés en grimpant ces rochers l'été dernier.
Après le col de de l'Oronaye (2482), il est temps de changer les pantalons en shorts. Le soleil commence à taper, mais heureusement le chemin conduit horizontalement au col des Monges (2542). De ce col nous longeons le lac de Reculaye, un lac avec une eau très claire et plein petits poissons. Futures truites peut-être. D'ailleurs l'une d'elle, assez grosse, nous fait peur à Bertrand et moi en sortant d'une cache sous le rebord du lac par un violent coup de queue.
Après le lac, le chemin commence à monter pour rejoindre la crête de la Reculaye et finalement la Cime de la Coste du Col (2844) où un rafraîchissement s'impose. La vue est magnifique sous un ciel sans un nuage.
Sur la photo suivante, on voit au fond le col de Roburent avec derrière le Mt Scaletta (2840) et bien sûr à gauche le sinistre Moïse (2104) et le col d'Enchiasa qu'on passe pour en faire le tour.
De l'autre côté, c'est le col de Sautron juste en dessous. En face, la Meyna et le gros Sautron, les deux étant séparés par le vallon menant au col de Portiola. Nous nous retrouverons dans ce vallon un peu plus tard pour gravir le col de Portiolette (2692) qui permet d'accéder au col du Vallonnet (2524).
De la Cime de la Coste du Col, il faut descendre au col de Sautron puis dans le vallon de Portiola. La remontée de 150m au col de Portiolette nous fait réclamer famine. Aussi un bon pique nique à l'ombre de la Meyna s'avère réconfortant. A ce stade, nous avons peut-être fait environ les 2/3 du chemin mais c'est sans compter le dernier dénivelé de 400m avant d'arriver au refuge.
Même Katell a bien l'air en pleine forme à côté de son père.
Bertrand essaye bien de rassurer sa fille en lui montrant le col du Vallonnet (2524) qu'il faut rejoindre après avoir descendu la pente raide et caillouteuse du col de Portiolette (2692). Cela n'a pas l'air tout près. Mais il faut surtout compter avec la remontée au col de la Couletta (2752) qui nécessite de descendre le vallon de Fouillouse jusqu'à 2350m pour remonter ensuite de 400m.
Il faut reconnaître que cette journée fut un peu harassante, du moins pour les octogénaires et pour les trop jeunes comme Katell ! Mais la traversée des crêtes par la Reculaye et la cime de la Coste vaut le coup. Cela pourrait même se faire en boucle (retour direct par Larche et navette).
Au total cette étape s'est déroulée sur environ 12 heures, pauses comprises. A l'arrivée, les jeunes se précipitent pour un bain dans le lac du refuge (lac Premier) que je présume un peu froid et que j'évite.
L'accueil au refuge est correct, la bière est bonne, le repas moyen, le dortoir correct et, grâce au virus, peu occupé. Bonne nuit sauf pour Katell qui a l'estomac bloqué.
Deuxième étape : Le Brec ou la Tête de la Fréma
Le réveil est difficile. Katell n'arrive pas à se lever pour le petit déjeuner et finalement s'en va vomir aux toilettes. Les attaquants du Brec partent en avance. L'escalade risque de prendre du temps. Les autres attendent un peu que Katell se rétablisse puis nous décidons de commencer la montée vers le lac des Neuf Couleurs. En fait cela ne s'arrange pas pour Katell, elle vomit encore, aussi je propose de la redescendre à Fouillouse où j'espère un bon repas et un taxi pour Larche. En général la perte d'altitude arrange les choses et je suis sûr qu'elle aura faim en arrivant à Fouillouse.
Partie retour par Fouillouse (Katell et Jean-Pierre)
En fait je découvre ce chemin direct qui descend du refuge de Chambeyron sur Fouillouse. C'est un très joli chemin en balcon qui longe toute la falaise qui domine le vallon pour rejoindre au-dessus de Fouillouse des pentes permettant la descente. Il y a beaucoup de monde qui monte, sans doute pour aller au lac des Neuf Couleurs, le grand point d'attraction ici.
Nous arrivons à Fouillouse vers 12h15, juste pour un petit repas au gîte Ferran. Auparavant, nous avons essayé de visiter la chapelle, mais elle était fermée. Pourtant elle est très jolie et il y a une peinture d'une Ste Vierge enceinte, ce qui est assez rare.
Hélène s'offre une omelette au fromage dont elle reparlera souvent, quant à moi, pour changer ce sera une omelette aux champignons. Désert avec tarte aux myrtilles.
Arrivés au Boisset par taxi puis navette, nous terminons agréablement la journée et préparons un dîner digeste avec du riz et saucisses. Pour les saucisses, il n'y a pas de problème parce qu'Henri en a apporté un stock tout comme ses enfants, suite à une difficulté de communication !
Le lendemain, Katell et moi décidons simplement de repartir par le vallon de l'Oronaye à la rencontre du groupe du Brec. Nous voici donc au col de l'Oronaye avec le fameux Moïse qui tient toute la place.
Comme personne n'est en vue, nous continuons le chemin vers le col des Monges. Nous avons là un grande discussion avec une bergère qui garde 1500 moutons avec deux chiens adultes et un petit chien de deux mois à l'entrainement. Eduquer un chien chassant conduire le troupeau en écoutant les ordres du berger se fait par mimétisme. Il y a aussi trois patous dont la bergère nous garantit la gentillesse même s'ils savent aboyer comme des fous. Je préfère quand même prendre un chemin qui nous fait contourner le troupeau.
Finalement, au détour d'une bosse du col, nous voyons avec plaisir déboucher Bertrand. Voilà Katell bien rassurée et moi tranquillisé !
Tout le groupe des 12 se retrouve ainsi pour un dernier pique nique.
Partie Brec de Chambeyron et Fréma
Un beau sommet quand on voit le coucher de soleil. Et quand même pas à la portée de n'importe qui (deux passages d'escalade sur la fin et deux rappels nécessaires). Grand papa l'avait avec un guide local (Bourillon, je crois, dont la famille tient toujours un restau et gîte à Fouillouse).
Bien sûr la première étape est au lac des Neuf Couleurs (2841). C'est la grande attraction locale. Au fond du lac, la Pointe des Cirques (3234) et à droite dans l'ombre le Brec de l'Homme (3211).
Du lac, l'équipe tranquille s'offre la Tête de la Fréma (3154), quand même un beau sommet facile d'accès. Sur la photo on voit même le Viso.
De son côté l'équipe d'attaque entame l'escalade du Brec, après avoir déposé les sacs au col de la Gypière (2927). Sur la photo, le col de la Gypière et le lac des Neuf Couleurs tout en bas.
La photo du sommet montre que l'équipement était complet (casque, baudrier, cordes de 40m pour les rappels). Quand on pense qu'ils ont été obligé de porter tout ce matos pendant les 12h de la veille !!!
Comme entendu préalablement les deux équipes, celle de la Fréma et celle du Brec se retrouve au bivouac italien de Barenghi (2822) à côté du lago del Vallonasso di Stroppia. Nous avions pensé y coucher plutôt que ce trajet d'enfer pour rejoindre le refuge de Chambeyron, mais le CAI nous l'avait déclaré fermé pour cause de covid. De l'intox finalement parce qu'il était bien ouvert avec des occupants!
Du refuge Barenghi, les deux équipes réunies vont monter au Colle del Infernetto (2793) pour descendre le grand vallon de l'Infernetto puis rejoindre le refuge de Campo Base (1626) par le Val Maurin. Longue descente puis long cheminement plus ou moins plat.
Le vallon de l'Infernetto, je l'ai pratiqué à ski et j'ai trouvé la descente merveilleuse, mais on peut comprendre que à pied, cela puisse être un pau lassant! Mais enfin c'est un joli ballon plein de bosses...
Arrivés au refuge de Campo Base, on se dépèche de soulager ses pieds irrités par les gros souliers!
La soirée sera festive. Bon repas (le refuge est desservi par une route), vin à volonté...
Un repas qui se termine par le génépi de rigueur!

Troisième étape : retour par Passa del Cavalla et le col des Monges
Le lendemain, il est prévu de monter par le chemin menant au col de Stroppia, puis vers 2000 de tourner à gauche pour rejoindre le Passa del Cavalla (2539). La photo suivante est prise justement dans cette montée. On distingue les falaises qui dominent la vallée de la Maira, falaises dangereuses qu'il faut savoir éviter si on descend à ski en plein brouillard.
Une dernière photo prise de la terrasse du fort italien construit au col de Cavalla. On attend les retardataires.
Et pour finir le dernier pique nique au col des Monges avec tout le groupe réuni.
L'après midi au Boisset commence par un bon bain dans l'Ubayette, Bertrand, Katell et moi. Délicieux.
Ensuite Katell, Bertrand prennent le chemin du retour pour St Jorioz et moi pour Valbonne, mais cela ne va pas déranger les neuf restants qui préparent une énorme ratatouille avec force saucisses!
Vers 19h30, coup de fil d'Anais pour rappeler que l'anniversaire d'Adrien, c'est justement aujourd'hui. Tout le monde sait qu'Anais connait toutes les dates d'anniversaires et surtout est capable de s'en rappeler au bon moment. Dans le cas présent, c'est un peu juste dans le temps, mais Henri téléphone à la boulangerie de la Condamine qui accepte le challenge. Henri trouvera une tarte sur laquelle la boulangère, décidément très coopérative malgré l'heure tardive a dessiné un "Bon anniversaire Adrien"!! En plus une bouteille de champagne trainait dans le frigidaire...
C'est sûr, il y en a un qui a été surpris!!!
Conclusion
Très belle balade malgré la fatigue du premier jour. Excellente équipe, trop bonne ambiance... Enfin, comme toujours dans les randonnées Onimus, on s'en souviendra!