Jura : Crêt de la Neige

 Comme d'habitude, cette randonnée a commencé par une soirée à Gellin. La maison, toujours aussi charmante, compte désormais une chambre supplémentaire. 

Mais aussi une nouvelle maison voisine un peu trop proche... Michel a planté des petits sapins pour tenter d'élever une petite forêt écran, mais il faudra sans doute plusieurs années pour en voir l'effet. En attendant il rêve d'un chalet complètement isolé dans la forêt, auquel on accède en voiture au bout de 20' d'une piste tout à fait sauvage...!

Participants à la randonnée

Michel, Michelle, Claire, Henri, Jean-Pierre

Henri et Jean-Pierre sont arrivés la veille, le 20 juillet, de Valbonne en voiture. Un trajet d'ailleurs épique : nous avions décidé de suivre les conseils de waze et donc de faire tout autoroute. Mais voilà qu'après Avignon, un panneau annonce "autoroute A7 fermée" ! Waze ne le savait pas encore, mais un accident de moto contre voiture avait entraîné la fermeture de l'autoroute dans les deux sens, le sens libre étant réservé à l'atterrissage de l'hélicoptère de secours. Du coup nous prenons la déviation par Grenoble pour rejoindre l'autoroute de Genève. Dans notre sens, cela allait bien, mais dans l'autre c'était un bouchon comme je n'en avais jamais vu ! Toute la A6 et ses trois voies avait été déviée sur l'autoroute Lyon- Grenoble et ses deux voies afin de rejoindre la A7 à Valence pour contourner l'accident !

21 juillet : du col de la Faucille au refuge de la Loge

Le départ de Gellin est difficile parce que Juliette qui prépare un BAFA (animateur de jeunes) est enrhumée. Bien sûr le centre où elle travaille réclame aussitôt un test COVID. Du coup Claire hésite à partir (si positif elle serait confinée). Finalement elle décide de renoncer à la première étape. Elle nous rejoindra au refuge de la Loge en partant de Lélex.

Donc nous entamons la marche sur la crête des monts du Jura vers 10h après avoir pris le télécabine qui nous monte au Petit Monrond (1534).

Première étape, le Montrond (1596) juste après le  Petit Monrond. Un simple petit apéritif !

En effet cette crête du Jura paraît sans fin. On marche, on marche et déjà on se retourne pour repérer au loin le départ du Petit Montrond avec son pylône. Mais ce n'est pas fini !


Et après encore un autre sommet, peut-être le Colomby de Gex (1688).

Oui, c'est bien de la montée au Colomby de Gex que présente la photo ci-après. Rude montée avant le pique nique sur la crête, les pieds dans le vide.


Le temps est plutôt brumeux et nous ne verrons pas le Mont Blanc de l'autre côté du lac.

Un petit pique nique après le Colomby de Gex est bienvenu, d'autant que nous ne sommes pas encore arrivés ! Il nous faut encore suivre la crête jusqu'au col du Crozet (1485) et descendre jusqu'au refuge de la Loge. 

Au refuge de la Loge, nous sommes très bien reçus par le gardien. En plus, COVID aidant, le dortoir n'est rempli qu'à moitié et la nuit sera heureuse avec une fenêtre bien ouverte ! (j'ai des souvenirs moins heureux de ce refuge quand il est plein à craquer !).


La météo prévoyait quelques orages, mais heureusement ceux-ci attendront que nous soyons installés pour le dîner pour se déclencher. Un orage sur les crêtes du Jura, c'est du sérieux et il vaut mieux ne pas être dessous. Enfin le gardien du refuge est content parce que cet orage va remplir sa citerne  (le Jura n'est pas le Mercantour et les tuyaux noirs ne servent à rien puisqu'il n'y a pas de sources, ni de ruisseaux dans ce relief karstique. Il faut donc des citernes !).

D'après les dernières infos, Claire serait arrivé à Lélex. Nous partons la rejoindre sur le chemin qu'elle doit prendre. Il n'y a pas beaucoup à descendre, elle arrive déjà ! Elle s'est bien débrouillée. L'équipe est maintenant au complet pour les deux jours les plus intéressants. Un coup de téléphone nous confirme que le test de Juliette est négatif : c'est un simple rhume comme prévu. Tout va bien pour la balade et Juliette va ensuite pouvoir terminer son BAFA.

Heureusement l'orage prévu a attendu l'arrivée de Claire. Il va se déclencher pendant le dîner et tout le refuge se précipite pour photographier la perspective créée par cet orage dans le soleil.  A ce moment là, il tombe vraiment des cordes, même si on voit au loin un coin de ciel bleu mélangé avec les couleurs du soleil.


22 juillet : le Crêt de la Neige et descente sur Menthières

Ce sera la journée phare, une étape cruciale puisque nous allons gravir le fameux Crêt de la Neige (1720), point culminant du Jura. Mais une étape longue, toute la diagonale de la carte, mais dans le Jura, c'est toujours long, heureusement sans grande dénivelée. C'est d'ailleurs pourquoi ce circuit des crêtes se pratique beaucoup en hiver en ski de fond. Claire et Michel l'ont déjà pratiqué à ski. L'idée de Michel est de terminer la journée à Menthières (1066), village dont le gite est, parait-il, fameux et la nuit délicieusement silencieuse.

Cependant nous avions la veille travaillé les cartes pour chercher un chemin de secours pour rejoindre Menthières. En effet la météo semblait prévoir des orages toute la journée et un orage sur un crête n'est jamais sympa. Mais finalement la météo du matin a fait disparaître tous les orages ! En route donc.

La balade commence par un joli chemin dans la forêt pour rejoindre d'abord le Grand Crêt puis le Crêt de la Neige que l'on aperçoit ici au fond de la photo. Le cheminement est complexe, parsemé de gouffres ou avens caractéristiques du relief karstique et qu'il faut contourner.



La photo suivante montre la vallée de la Valserine que l'on domine depuis le début de la balade, mais surtout on peut distinguer une maison isolée au milieu de la forêt, un rêve pour Michel !


La photo suivante montre la plaine qui commence après la chute du Jura sur Bellegarde. On va bientôt descendre dans la forêt sur Menthières.


Début de la descente sur Menthières qu'on commence à distinguer au fond.


Avant de descendre sur Menthières, on peut admirer le sommet objectif du lendemain : le Grand Crêt d'Eau. Vous saurez plus loin pourquoi ce nom bizarre, alors qu'il n'y a jamais d'eau, ruisseaux, sources, torrents, dans les montagnes du Jura !


On va bientôt arriver à la Poutouille (1448), refuge non gardé mais bien isolé dans la forêt. Michel a très justement pensé que le gite de Menthières serait plus confortable pour des presque octogénaires et surtout que le repas serait bien meilleur que des lyophilisés qu'il aurait fallu apporter. En plus il y avait déjà des occupants quand nous y sommes passés !


Pourtant on se serait bien arrêté à la Poutouille ! On a déjà traversé presque toute la carte sur les crêtes et il reste 400m à descendre. Mais l'idée d'une douche dans le super gîte redonne de l'allant.
Ce sera une belle balade dans la forêt, avec des montées et des descentes, que Claire a, semble-t-il, bien aimé traverser à ski. La vraie descente commence tout d'un coup tout droit. Le chemin jusque là bien tracé devient une piste très raide sans aucun lacet. Mais finalement on arrive dans un beau vallon que Michel reconnait aussitôt. Il suffit de le suivre tranquillement et on débouche sur le fameux gîte de Menthières.
La bière sera bien sûr la première chose que l'on s'offre ! Après cette longue traversée, la première lampée de bière dépasse en sensation tout ce qu'on peut imaginer !
Le gîte est bien à la hauteur de la réputation donnée. L'accueil est gentil. Nous avons droit à un grand espace avec douche et trois chambres : une chambre pour les Michel's, une petite chambre pour Claire et une chambre sous le toit pour Henri et moi. Et des lits avec draps ! Je pressens aussitôt une nuit extraordinaire.
Le dîner sera au niveau avec une bonne fondue ! Il n'y a vraiment rien à reprocher à ce choix des Michel's !




23 juillet : le Grand Crêt d'eau

Bien retapés par la nuit au gîte de Menthières, nous attaquons la dernière étape : le Grand Crêt d'eau. C'est le dernier sommet de la crête du Jura avant la chute sur Bellegarde. Mais descendre sur Bellegarde n'a sans doute que peu d'intérêt, aussi Michel a prévu une boucle pour revenir à Menthières où nous avons laissé une voiture.


Le Grand Crêt d'Eau (1597) offre une belle table d'orientation et l'horizon est effectivement bien rempli, mais le Mont Blanc reste encore caché dans la brume. Dans la montée je rencontre un vieil homme dont je suppose qu'il doit être du coin. J'en profite pour lui demander la raison pour nommer ce sommet le Grand Crêt d'Eau. Dans un relief karstique, il n'y a pas d'eau en montagne, alors pourquoi cette référence d'Eau? Le vieil homme nous explique alors qu'il s'agit d'une dérive de langage. A la révolution, les alpages ont été distribués aux paysans et ceux-ci ont commencé à appeler leur nouvelles terres, les terres d'en haut. C'est devenu le Crêt d'en haut, puis le Grand Crêt d'en haut et pour simplifier le Grand Crêt d'Eau. Il ne faut jamais faire confiance aux noms...
Après ce sommet, Michel a bien sûr voulu continuer jusqu'à la dernière bosse qui domine vraiment Bellegarde. Un endroit où personne ne vient sauf les vaches, donc grande liberté pour un bon pique nique !


Après le pique nique, Michel soutenait possible de descendre directement sur le plateau qu'on voit sur la photo et où se trouvait le chemin du retour. En fait c'était un peu difficile surtout dans les bois...
Après ce passage un peu sauvage, il ne restait plus qu'à suivre la piste et une petite route jusqu'à la voiture que nous avions préalablement positionnée dans le coin.



Conclusion

Super balade jurassienne ! La verdure, les paysages, les dénivelés tranquilles, tout cela donne du plaisir, malgré les longues marches. Cela n'a rien à voir avec les reliefs escarpés et durs du Mercantour. Nous nous apprécierons encore mieux ce contraste avec la deuxième randonnée Onimus prévue quelques jours plus tard !



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